Bases de l'anatomie et physiologie
1. Définitions clés
- Anatomie : étude de la structure du corps humain.
- Physiologie : étude du fonctionnement normal des organes.
- Pathologie : étude des maladies, modifications provoquées par une maladie ou un traumatisme.
- Homéostasie : capacité du corps à maintenir un milieu interne stable (température, glycémie, pH).

Rupture de l’homéostasie = maladie.
2. Niveaux d’organisation structurale
| Niveau | Description |
|---|---|
| Chimique | Atomes et molécules |
| Cellulaire | Cellules |
| Tissulaire | Groupes de cellules similaires |
| Organe | Structures composées de tissus |
| Système | Ensemble d’organes |
| Organisme | Être vivant complet |
3. Position anatomique de référence
Personne debout, regardant devant, bras le long du corps, paumes tournées vers l’avant, pouce vers l’extérieur.
- Axe : ligne entre deux points de repère.
- Plan : surface bidimensionnelle.
4. Termes directionnels
- Médian : situé au centre du thorax.
- Contient cœur, gros vaisseaux, trachée, œsophage.
Ostéologie et articulations
1. Fonctions principales des os
- Soutien : charpente du corps.
- Protection : cerveau, moelle épinière, cœur, poumons, bassin.
- Mouvement : leviers avec muscles et articulations.
- Réserve minérale : calcium et phosphate.
- Hématopoïèse : fabrication des cellules sanguines.
- Fonction endocrine : production d’ostéocalcine.
- Réserve énergétique (accessoire) : graisse de la moelle jaune.
2. Moelle osseuse
- Moelle rouge : hématopoïétique, produit globules rouges (érythrocytes, 45%), globules blancs (leucocytes, <1%), plaquettes (thrombocytes, <1%).
- Moelle jaune : riche en graisse, réserve énergétique, peut redevenir rouge en cas d’anémie sévère.
Ne pas confondre moelle osseuse et moelle épinière.
3. Catégories d’os
| Type | Exemple |
|---|---|
| Os longs | Fémur, humérus |
| Os courts | Carpe, tarse |
| Os plats | Crâne, sternum, côtes |
| Os irréguliers | Vertèbres, sacrum |
4. Structure d’un os long
- Diaphyse : partie centrale.
- Épiphyse : extrémités.
- Métaphyse : zone entre diaphyse et épiphyse.
- Os compact : unité structurale = ostéon.
- Os spongieux : dépourvu d’ostéons, constitué de travées avec lamelles irrégulières et ostéocytes reliés par canalicules.
- Cavité médullaire : contient moelle osseuse.
- Périoste : membrane externe riche en nerfs et vaisseaux, très douloureuse si lésée.
- Endoste : tapisse l’intérieur de l’os, contient ostéoblastes, ostéoclastes, cellules ostéoprogénitrices.
5. Cellules osseuses
| Cellule | Rôle |
|---|---|
| Ostéoprogénitrices | Cellules souches |
| Ostéoblastes | Construisent l’os |
| Ostéocytes | Entretiennent l’os |
| Ostéoclastes | Résorption osseuse (destruction) |
6. Composition de l’os
- Partie organique (1/3) : collagène, ostéoïde, résistance à la traction.
- Partie minérale (2/3) : hydroxyapatite, calcium, phosphate, rigidité.
Cartilages
1. Types de cartilage
| Type | Caractéristiques | Localisation principale |
|---|---|---|
| Hyalin | Le plus fréquent, rigide et souple | Articulations, nez, trachée, bronches, côtes |
| Fibreux | Très résistant | Disques intervertébraux, ménisques, symphyse pubienne, labrum |
| Élastique | Très souple | Oreille, épiglotte |
2. Croissance du cartilage
- Intersitielle : croissance de l’intérieur.
- Par apposition : croissance depuis le périchondre.
3. Calcification du cartilage
- Dépôt de sels de calcium dans la matrice, durcit le cartilage, perte d’élasticité.
- Devient radio-opaque à la radiographie (normalement radio-transparent).
Ossification
1. Processus de formation de l’os
- Débute vers la 6-7e semaine embryonnaire à partir du mésenchyme (tissu conjonctif embryonnaire).
- Différenciation en membrane fibreuse puis cartilage.
2. Types d’ossification
| Type | Description | Os produits |
|---|---|---|
| Intramembraneuse | Ossification directe dans membrane | Os du crâne, clavicule, sternum |
| Endochondrale | Ossification à partir du cartilage | Majorité des os longs |
3. Croissance osseuse
- En longueur : au niveau du cartilage de conjugaison (épiphysaire).
- En épaisseur : au niveau du périoste.
4. Régulation hormonale
- Hormones clés : GH (hormone de croissance), T3/T4 (thyroïdiennes), œstrogènes, testostérone.
- Puberté : accélération de la croissance puis fermeture des cartilages de croissance.
Remodelage osseux
- Baisse du calcium sanguin : augmentation de la PTH (parathormone), activation des ostéoclastes, libération de calcium.
- Augmentation du calcium sanguin : diminution de la PTH, activation des ostéoblastes, stockage du calcium.
Radiologie ostéoarticulaire
- Radiographie 2D obtenue par rayons X.
- Structures peu denses = radio-transparentes (noires).
- Structures denses = radio-opaques (blanches).
À retenir : L’os est un tissu dynamique, assurant soutien, protection, mouvement, réserve minérale et hématopoïèse, avec un remodelage régulé par les hormones et les besoins calciques de l’organisme.
Ostéologie et articulations
1. Ostéologie
- Contraintes mécaniques renforcent l’os.
- Absence de contraintes (alitement, impesanteur) entraîne une perte osseuse.
2. Arthrologie
a) Mobilisation
- Active : le patient effectue le mouvement lui-même.
- Passive : le soignant effectue le mouvement pour le patient.
b) 4 catégories de mouvements
| Type | Description | Exemple |
|---|---|---|
| Glissement | Surfaces articulaires glissent l’une sur l’autre | Carpe |
| Mouvements angulaires | Flexion, extension, abduction, adduction, circumduction | Plier/tendre le coude, lever le bras, mouvement en cône |
| Rotations | Médiale (interne) ou latérale (externe) | Rotation de l’avant-bras |
| Mouvements spéciaux | Élévation, abaissement, supination, pronation, inversion, éversion | Épaules, paume vers le ciel/sol, pied vers intérieur/extérieur |
3. Articulation
- Définition : jonction entre deux ou plusieurs os.
- Fonctions : mobilité, stabilité, protection.
a) Classification
| Critère | Types | Caractéristiques principales |
|---|---|---|
| Structurelle | Fibreuses, Cartilagineuses, Synoviales | Fibreuses : tissu fibreux, pas de cavité, peu mobiles (ex : sutures crâniennes) <br> Cartilagineuses : reliées par cartilage (ex : symphyse pubienne) <br> Synoviales : cavité articulaire, liquide synovial, capsule, très mobiles |
| Fonctionnelle | Synarthrose, Amphiarthrose, Diarthrose | Synarthrose : immobile <br> Amphiarthrose : semi-mobile <br> Diarthrose : mobile |
La plupart des articulations synoviales sont mobiles, cartilagineuses semi-mobiles, fibreuses immobiles.
4. Articulations fibreuses
- Tissu fibreux, pas de cartilage ni cavité.
- Exemples : sutures, gomphoses.
5. Articulations cartilagineuses
- Deux types :
- Synchondroses : cartilage hyalin (ex. cartilage de croissance).
- Symphyses : fibrocartilage (ex. pubis, disques intervertébraux) → fonction d’amortisseur mécanique.
6. Articulations synoviales
Caractéristiques :
- Cartilage hyalin
- Capsule articulaire
- Membrane synoviale
- Cavité articulaire
- Ligaments
- Liquide synovial : lubrifie, diminue les frottements, nourrit le cartilage. Viscosité diminue lors du mouvement.
Différence ligament / tendon :
| Élément | Fonction |
|---|---|
| Ligament | Relie os à os, stabilise |
| Tendon | Relie muscle à os, permet mouvement |
Stabilité d’une articulation dépend de :
- Forme des surfaces articulaires
- Nombre de ligaments
- Tonus musculaire
- Présence de ménisques ou labrum
7. Structures associées
| Structure | Description et rôle |
|---|---|
| Bourse séreuse | Petit coussin rempli de liquide, diminue les frottements |
| Gaine tendineuse | Entoure un tendon, diminue les frottements |
| Ménisques | Fibrocartilage au genou, amortisseur, stabilité, meilleure congruence |
| Labrum | Anneau de cartilage fibreux (épaule, hanche), augmente stabilité et profondeur de la cavité |
8. Les 6 types d’articulations synoviales
| Type | Mouvement principal | Exemple |
|---|---|---|
| Plane | Glissement | Petites articulations du carpe |
| Trochléenne | Charnière (flexion/extension) | Coude |
| Trochoïde | Pivot (rotation) | Atlas-axis |
| Condylaire | Flexion/extension + abduction/adduction | Poignet |
| En selle | Mouvement du pouce | Articulation carpo-métacarpienne du pouce |
| Sphéroïde | Mouvement dans tous les plans | Épaule, hanche |
9. Radiographie articulaire
- Examiner : interligne articulaire, épiphyses, parties molles, axes osseux.
À retenir : Une articulation est stable grâce à la forme des surfaces, les ligaments, le tonus musculaire et les structures accessoires (ménisques, labrum).
10. Anatomie et physiologie musculaire
- Trois types de tissus musculaires : squelettique, cardiaque, lisse.
- Muscle squelettique :
- Origine : point d’attache fixe lors de la contraction.
- Insertion : point d’attache mobile.
- La contraction entraîne un mouvement entre origine et insertion.
11. Anatomie et physiologie tégumentaire
- Peau : plus grand organe, surface 1,6 à 2 m², 7-8 % du poids corporel.
- Renouvellement complet : 25 à 40 jours.
a) Fonctions générales
- Protection
- Thermorégulation
- Sensibilité
- Immunité
- Synthèse vitamine D
- Communication
b) Trois couches
| Couche | Description | Particularités principales |
|---|---|---|
| Épiderme | Couche superficielle, protectrice, non vascularisée | Contient kératinocytes (produisent kératine), mélanocytes (mélanine), cellules de Langerhans (immunité), cellules de Merkel (toucher fin) |
| Derme | Couche résistante | Support mécanique et vascularisation |
| Hypoderme | (non détaillé dans ce cours) | - |
c) Couches de l’épiderme (peau épaisse)
- Couche basale
- Couche épineuse
- Couche granuleuse
- Couche claire (uniquement peau épaisse : paumes, plantes)
- Couche cornée
À retenir : La peau est un organe multifonctionnel essentiel à la protection, la régulation thermique et la sensibilité.
Anatomie et physiologie musculaire
1. Anatomie musculaire
Le muscle est un organe contractile, constitué principalement de fibres musculaires, vascularisé et innervé.
a) Types de muscles
| Type de muscle | Localisation | Caractéristiques principales | Contrôle |
|---|---|---|---|
| Muscle squelettique | Attaché aux os | Fibres longues, striées, multinucléées | Volontaire |
| Muscle cardiaque | Cœur | Fibres striées, ramifiées, uninucléées | Involontaire |
| Muscle lisse | Parois des organes creux | Fibres fusiformes, non striées | Involontaire |
b) Structure d'une fibre musculaire squelettique
- Sarcolemme : membrane plasmique de la fibre.
- Myofibrilles : structures contractiles composées de sarcomères.
- Sarcomère : unité fonctionnelle contractile, délimitée par deux lignes Z.
- Filaments :
- Actine (filament fin)
- Myosine (filament épais)
2. Physiologie musculaire
a) Mécanisme de contraction
- La contraction musculaire repose sur le glissement des filaments d'actine sur les filaments de myosine dans le sarcomère.
- L'activation est déclenchée par un influx nerveux provoquant la libération de calcium dans la fibre musculaire.
- Le calcium permet la formation de ponts d'union entre actine et myosine, entraînant la contraction.
b) Types de contractions
| Type de contraction | Description | Exemple |
|---|---|---|
| Concentrique | Muscle se raccourcit | Flexion du bras |
| Excentrique | Muscle s'allonge sous tension | Extension contrôlée du bras |
| Isométrique | Muscle se contracte sans changer de longueur | Maintien d'une posture |
c) Propriétés du muscle squelettique
- Excitabilité : capacité à répondre à un stimulus.
- Contractilité : capacité à se contracter.
- Extensibilité : capacité à s'étirer sans dommage.
- Élasticité : capacité à reprendre sa forme initiale.
3. Organisation fonctionnelle
- Unité motrice : ensemble d'une motoneurone et des fibres musculaires qu'il innerve.
- La force de contraction dépend du nombre d'unités motrices recrutées et de la fréquence des stimulations.
4. Vascularisation et innervation
- Chaque muscle est richement vascularisé pour fournir oxygène et nutriments.
- L'innervation est assurée par des nerfs moteurs qui transmettent les influx nerveux nécessaires à la contraction.
La contraction musculaire est due au glissement des filaments d'actine sur ceux de myosine, activé par le calcium libéré suite à un influx nerveux.
5. Résumé clé
- Le muscle squelettique est composé de fibres striées, organisées en sarcomères.
- La contraction est un phénomène actif dépendant du calcium et de l'ATP.
- Trois types de muscles existent, différant par leur structure et leur contrôle.
- La force musculaire dépend du recrutement des unités motrices.
Anatomie et physiologie tégumentaire
1. Terminologie des symptômes et états pathologiques
- Asymptomatique : absence totale de symptômes.
- Présymptomatique : symptômes non encore apparents mais en voie d’apparition.
- Oligosymptomatique : présence de peu de symptômes.
- Polysymptomatique : présence de nombreux symptômes.
- Prodrome (phase prodromique) : premiers symptômes annonciateurs d’une maladie.
- Syndrome : association de plusieurs signes et symptômes (ex. syndrome grippal).
- Altération de l’état général (AEG) : association d’anorexie, asthénie et amaigrissement > 5 % du poids habituel.
- Iatrogène : maladie provoquée par un traitement, médicament ou acte médical.
2. Indicateurs épidémiologiques
| Terme | Définition |
|---|---|
| Incidence | Nombre de nouveaux cas |
| Prévalence | Nombre total de cas existants |
| Morbidité | Nombre de personnes malades |
| Mortalité | Nombre de décès |
- Mort naturelle : décès lié à une maladie ou au vieillissement.
- Mort violente : décès dû à un accident, suicide ou homicide.
3. Les 6 grands processus pathologiques
| Processus | Description clé | Exemples / Particularités |
|---|---|---|
| 1. Obstructif | Obstacle dans un conduit | Athérosclérose, calculs |
| 2. Traumatique | Conséquence d’un choc, brûlure, froid, radiation ou produit chimique | Hémorragies (externe, extériorisée, interne) |
| 3. Inflammatoire | Réponse normale de défense avec 5 signes cardinaux : rougeur, chaleur, œdème, douleur, perte de fonction | Cicatrisation : inflammation → prolifération → remodelage |
| 4. Infectieux | Débute toujours par une inflammation; agents : bactéries, virus, champignons, parasites | Septicémie : infection du sang; choc septique = urgence vitale |
| 5. Dégénératif | Trois mécanismes : atrophie (diminution volume), nécrose (mort cellulaire), fibrose (cicatrice rigide) | Principal facteur : vieillissement |
| 6. Tumoral | Prolifération anarchique des cellules | Cancer = tumeur maligne avec métastases; classification TNM (Tumeur, Ganglions, Métastases) |
4. Processus inflammatoire
- Signes cardinaux : rougeur, chaleur, œdème, douleur, perte de fonction.
- Cicatrisation : phases d’inflammation, prolifération, remodelage.
- Fibrose cicatricielle radio-induite : excès de tissu cicatriciel, rigidité, perte d’élasticité.
5. Processus infectieux
- Causes d’inflammation :
- Exogènes : bactéries, virus, champignons, parasites, allergènes, traumatisme.
- Endogènes : troubles trophiques, maladies métaboliques, auto-immunes.
- Pathogénicité : capacité d’un agent infectieux à provoquer une maladie.
- Septicémie : infection du sang.
- Sepsis : réponse excessive à une infection entraînant défaillance d’organe.
- Choc septique : forme grave de sepsis avec hypotension, défaillance multiviscérale, mortalité élevée.
6. Processus tumoral
- Cancer : tumeur maligne, prolifération rapide, envahissement des tissus, métastases.
- Métastases : foyers tumoraux secondaires à distance de la tumeur initiale, via voies sanguine, lymphatique ou cavités naturelles.
- Substances cancérogènes : favorisent l’apparition d’un cancer.
- Substances cancérigènes : favorisent le développement d’un cancer.
- Classification TNM :
- T : taille et extension de la tumeur primitive.
- N : atteinte ganglionnaire.
- M : présence de métastases.
- Tumeurs à compression : même bénignes, peuvent obstruer ou comprimer des organes voisins.
7. Processus dégénératif
- Mécanismes :
- Atrophie : diminution du volume cellulaire.
- Nécrose : mort cellulaire.
- Fibrose : formation de cicatrice rigide, perte de fonction.
- Principal facteur : vieillissement.
8. Processus psychopathologique
- Origine psychique.
- Imagerie souvent peu utile, sauf exceptions.
À retenir : Les pathologies tégumentaires et ostéoarticulaires s’inscrivent dans six grands processus pathologiques fondamentaux, chacun avec des mécanismes, signes et conséquences spécifiques.
Principes de pathologies
1. Fractures osseuses
- Fracture ouverte : communication entre fracture et extérieur → risque majeur d'infection.
- Fracture fermée : peau intacte, pas de communication avec l'extérieur.
- Complexité accrue si fracture implique une articulation (lésion osseuse + structures articulaires).
- Conséquence possible : restriction partielle ou complète du mouvement, parfois définitive.
| Critères de classification | Description |
|---|---|
| Localisation | Où se situe la fracture |
| Type de fracture | Morphologie du trait de fracture |
| Nombre de fragments | Simple ou multiple |
| Mécanisme | Mode de survenue |
| Ouverte/Fermée | Présence ou non d'ouverture cutanée |
2. Complications des fractures
- Syndrome des loges : urgence chirurgicale, augmentation de pression dans un compartiment musculaire → ischémie → traitement par fasciotomie.
- Embolie graisseuse : fréquente dans fractures des os longs, signes = hypoxie, détresse respiratoire, troubles neurologiques.
- Infection : surtout dans fractures ouvertes, risque d'ostéite et septicémie.
3. Consolidation osseuse
4 étapes successives :
- Hématome
- Cal fibrocartilagineux
- Cal osseux
- Remaniement osseux
4. Traitement des fractures
- Réduction : repositionnement des fragments.
- Contention : immobilisation (plâtre, résine, attelle).
- Ostéosynthèse : fixation chirurgicale (plaques, vis, broches, clous).
L'ostéosynthèse ne n'accélère pas la guérison, elle maintient l'os dans la bonne position.
5. Complications tardives
| Complication | Description |
|---|---|
| Cal vicieux | Mauvaise consolidation → déformation |
| Pseudarthrose | Absence de consolidation → fausse articulation |
| Algodystrophie (SDRC) | Douleur chronique disproportionnée post-fracture ou chirurgie |
6. Pathologies osseuses spécifiques
| Pathologie | Description | Particularités |
|---|---|---|
| Ostéite | Infection osseuse bactérienne, risque abcès/septicémie | |
| Ostéomyélite | Infection osseuse profonde, fréquente chez l'enfant, siège métaphysaire | |
| Ostéonécrose | Mort osseuse due à un manque d'irrigation sanguine | |
| Ostéoporose | Diminution de la masse osseuse, os fragiles, risque accru de fracture | Densité osseuse ↓, composition normale; facteurs : âge, ménopause, carence calcique, sédentarité, hyperthyroïdie, génétique |
| Ostéome | Tumeur osseuse bénigne, rare après 40 ans, se développe en enfance/adolescence | Douleurs, déformation, risque fracture |
| Ostéosarcome | Tumeur osseuse maligne primitive, sujet jeune (10-30 ans), métaphyse, agressive, risque métastases | Rx : lésion ostéolytique ± ostéocondensation |
| Métastases osseuses | Plus fréquentes que cancers primitifs, proviennent surtout de sein, prostate, poumon, rein, thyroïde | Types : ostéolytiques, ostéocondensantes, mixtes |
| Maladie de Paget | Remodelage osseux anormal, os déformés, épaissis, risque fracture augmenté | Localisation : bassin, rachis, crâne, fémur |
7. Radiographie articulaire : points clés à observer
-
Interligne articulaire
- Normal : épaisseur régulière
- Élargi : luxation, subluxation, épanchement
- Pincé : perte de cartilage → arthrose, arthrite
-
Épiphyses
-
Parties molles
-
Axes osseux
8. Troubles musculosquelettiques (TMS)
- Symptômes : douleurs, fatigue musculaire, fourmillements, difficulté à l'effort.
- Facteurs : gestes répétitifs, manutention, stress.
9. Traumatismes rachidiens
- Tout traumatisme suspecté = lésion rachidienne jusqu'à preuve du contraire.
- Immobilisation stricte tête-cou-tronc, maintien de la minerve obligatoire.
- Tassement vertébral : fracture par compression fréquente en ostéoporose.
- Luxation vertébrale : urgence, perte d'alignement, risque médullaire.
10. Maladies rachidiennes spécifiques
| Maladie | Description |
|---|---|
| Maladie de Scheuermann | Cyphose de l'adolescent, déformation progressive |
| Maladie de Pott | Tuberculose vertébrale, destruction osseuse, abcès, bloc vertébral |
| Spondylarthrite ankylosante (SPA) | Inflammation chronique du rachis et sacro-iliaques, disparition lordose, augmentation cyphose, colonne rigide |
| Spondylolyse | Fracture isthme vertébral, souvent L5 |
| Spondylolisthésis | Glissement d'une vertèbre sur une autre, souvent L5 sur S1 |
11. Lésions articulaires traumatiques
- Entorse : lésion ligamentaire, radio souvent normale, IRM examen de choix.
- LCA (ligament croisé antérieur) : stabilise le genou, limite translation antérieure, protège ménisques. Symptômes : instabilité.
Pathologie ostéoarticulaire
1. Lésions ostéoarticulaires traumatiques
-
Déchirure du ménisque : lésion du fibrocartilage, souvent associée à une rupture du ligament croisé antérieur (LCA) dans 50% des cas.
- Examen de choix : IRM.
-
Lésion SLAP (épaule) : déchirure du labrum supérieur.
- Examen de choix : arthro-IRM.
-
Luxation : perte totale du contact articulaire, urgence médicale.
- Complications : douleur, lésions ligamentaires, nerveuses, vasculaires.
- Traitement : réduction urgente.
-
Subluxation : perte partielle du contact articulaire, même principe que la luxation.
2. Inflammations et maladies dégénératives
| Pathologie | Définition & Mécanisme | Localisation typique | Signes radiologiques / cliniques |
|---|---|---|---|
| Arthrite | Terme générique pour inflammation articulaire, touche membrane synoviale, cartilage et/ou os | Variable selon forme spécifique | Inflammation, douleur, parfois érosion osseuse |
| Arthrose | Maladie dégénérative liée au vieillissement, destruction du cartilage par enzymes | Hanche, genou, doigts, rachis | Pincement articulaire, ostéophytes, sclérose sous-chondrale, géodes |
| Polyarthrite rhumatoïde | Maladie inflammatoire auto-immune, bilatérale et symétrique | Poignets, mains, pieds | Pannus, destruction du cartilage, érosion osseuse, déformation, douleur |
| Arthropathie goutteuse | Dépôts de cristaux d’acide urique dans les articulations, liée à hyperuricémie | Métatarso-phalangienne du gros orteil | Douleur inflammatoire, crises aiguës, facteurs de risque : homme > femme, hérédité, surpoids, alimentation riche en viande et alcool |
3. Signes radiologiques clés en arthrose
- Pincement articulaire : réduction de l’espace entre les os.
- Ostéophytes : excroissances osseuses caractéristiques.
- Sclérose sous-chondrale : épaississement osseux sous le cartilage.
- Géodes : cavités osseuses.
4. Pathologies cutanées primaires
| Lésion | Description |
|---|---|
| Papule | Petite lésion solide, rose/rouge, sans liquide, située dans l’épiderme ou le derme |
| Plaque | Réunion de plusieurs papules |
Réactions aux produits de contraste (PDC) :
- Érythème : rougeur inflammatoire
- Urticaire : plaques prurigineuses
- Angioœdème : gonflement profond du derme (urgence vitale si grade 3)
5. Traumatismes cutanés
| Type | Description |
|---|---|
| Contusion | Choc avec peau intacte, douleur et gonflement |
| Ecchymose | Sang sous la peau, sans relief ("bleu") |
| Hématome | Collection de sang palpable, peau surélevée |
6. Ulcères et cicatrices
- Ulcère : perte de substance profonde atteignant le derme, peut saigner et cicatriser.
- Chéloïde : cicatrice hypertrophique, épaisse, parfois douloureuse ou prurigineuse.
7. Radiothérapie : effets secondaires cutanés (2e-3e semaine)
- Érythème, épithélite, radiodermite, croûtes, aphtes, épistaxis, sclérose, télangiectasies, hyperpigmentation.
Radiodermite selon dose :
| Dose (Gy) | Effet cutané |
|---|---|
| < 5 | Érythème |
| 5 - 12 | Desquamation |
| 12 - 24 | Cloques |
| > 25 | Radionécrose |
8. Brûlures : classification
| Degré | Atteinte cutanée | Signes |
|---|---|---|
| 1er degré | Épiderme uniquement | Rougeur |
| 2e degré | Épiderme + derme superficiel | Phlyctènes (cloques) |
| 3e degré | Toute épaisseur de la peau | Gravité selon profondeur et surface brûlée |
9. Escarres (ulcères de pression)
- Définition : ulcères provoqués par pression prolongée sur la peau.
- Patients à risque : alités, immobiles, paraplégiques, personnes âgées.
- Localisations fréquentes : fesses (sacrée-ischiatique), talon, scapula, occipitale, trochantérienne.
- Stades :
- Érythème persistant
- Phlyctène
- Nécrose
- Atteinte profonde (muscles, tendons, os)
- Prévention : changement régulier de position, diminution pression, limitation frottements, peau sèche, supports adaptés.
10. Cancers cutanés
| Type | Caractéristiques principales | Pronostic / Particularités |
|---|---|---|
| Basocellulaire | Le plus fréquent, pousse lentement | Presque jamais de métastases, excellent pronostic |
| Spinocellulaire | Plus agressif, envahit ganglions | Risque métastatique |
| Mélanome | Le plus dangereux, origine mélanocytaire | Métastases rapides, survie ~50% |
Règle ABCDE pour mélanome :
- A : Asymétrie
- B : Bords irréguliers
- C : Couleur hétérogène
- D : Diamètre > 6 mm
- E : Évolution
11. Métastases du mélanome
- Localisations principales (ordre) : poumons, ganglions, peau, tube digestif, cerveau, os.
- Examens : suivi échographique ganglionnaire, bilan CT, PET-FDG.
12. Pathologie musculaire
- Rhabdomyosarcome (RMS) : tumeur maligne des tissus mous issue des cellules musculaires striées, cancer musculaire le plus fréquent chez l’enfant.
À retenir : L’arthrose se caractérise par une érosion progressive du cartilage avec formation d’ostéophytes, tandis que la polyarthrite rhumatoïde est une maladie inflammatoire auto-immune bilatérale et symétrique.
Pathologie tégumentaire
1. Rhabdomyosarcome (RMS)
Épidémiologie
- Représente 19 % des sarcomes des tissus mous chez l'enfant.
- Âge médian au diagnostic : environ 5 ans.
- Incidence : 4,5 cas par million d’enfants < 20 ans.
- Localisation fréquente :
Région Pourcentage Tête et cou 40 % Appareil génito-urinaire 20 % Membres 20 % Tronc 10 % - Extension possible vers l’os (25 %), récidives locales, ganglions, métastases (moins fréquentes au début).
Types histologiques
| Type | Fréquence | Localisation typique | Particularités |
|---|---|---|---|
| Embryonnaire (ERMS) | 80 % | Tête, cou, organes génitaux, appareil urinaire | Le plus fréquent |
| Alvéolaire (ARMS) | 15-20 % | Bras, jambes, thorax, abdomen, région génitale | Plus agressif, associé à translocation chromosomique |
| Pléomorphe | Très rare | Principalement chez l’adulte |
Symptômes
- Masse croissante, douloureuse ou non, selon la localisation.
- Atteinte orbitaire : œil saillant, ptosis, strabisme, paupière gonflée, rougeur, infection apparente.
- Atteinte tête et cou : masse visible, asymétrie, visage gonflé, vision floue, nez bouché, difficultés respiratoires, douleurs faciales, céphalées, paralysie faciale, perte auditive, écoulement/saignement.
- Atteinte abdominale : masse, douleurs, vomissements, constipation.
- Atteinte vessie/prostate : hématurie, dysurie, douleur mictionnelle.
- Atteinte organes génitaux : masse (garçon), masse vaginale, écoulement, saignement (fille).
Diagnostic
- Immunohistochimie : recherche de marqueurs musculaires.
- Recherche de translocation chromosomique (surtout forme alvéolaire).
- Imagerie : IRM (examen de référence), scanner selon localisation.
Imagerie IRM
- Permet localisation précise et évaluation de l’extension.
- Exemple : RMS orbitaire montre masse avec rehaussement après injection, extension aux sinus, déplacement globe oculaire.
- Suivi post-traitement montre disparition complète en cas de rémission.
Traitement
- Combinaison de chirurgie, chimiothérapie et radiothérapie.
Pronostic
| Localisation | Survie approximative |
|---|---|
| Orbite, vessie, vagin, région paratesticulaire | > 80 % |
| Autres tumeurs localisées | 60-70 % |
| Métastases au diagnostic | ~ 20 % |
- Pronostic moins bon chez l’adulte.
2. Fasciite à éosinophiles (Syndrome de Shulman)
Définition
Inflammation du fascia (membrane entourant les muscles) provoquant douleurs, gonflement et durcissement progressif des membres.
Caractéristiques cliniques
- Douleurs des bras et jambes, œdèmes initiaux, puis induration cutanée (peau dure).
- Hyperéosinophilie fréquente.
- Mains et visage souvent épargnés.
Épidémiologie
- Plus fréquente chez l’adulte (20-60 ans), légère prédominance masculine.
Causes
- Mal connues, possibles déclencheurs : effort physique intense, stress (chirurgie, accouchement, traumatisme), certains médicaments (statines, héparine).
Physiopathologie
- Microlésions du fascia → inflammation → production excessive de collagène → fibrose → durcissement des tissus.
Manifestations cutanées
- Présentes chez 90 % des patients.
- 1er temps : œdème douloureux, peau d’orange.
- 2e temps : œdème progressif, induration, aspect de « veine en creux ».
- Localisations fréquentes : avant-bras, bras, mains, jambes, abdomen, thorax, dos.
Manifestations musculosquelettiques
- Myalgies, arthralgies, raideur articulaire, limitation des mouvements.
Diagnostic
- Prise de sang : hyperéosinophilie.
- Biopsie peau-fascia-muscle.
- IRM : épaississement du fascia, rehaussement après injection de produit de contraste, atteinte souvent bilatérale et symétrique, atteinte du derme et parfois du muscle.
Traitement
- Corticothérapie : bonne réponse dans 70-90 % des cas.
- Physiothérapie.
- Immunosuppresseurs en cas d’échec des corticoïdes.
3. Syndrome des loges
Définition
Augmentation de la pression dans un compartiment musculaire fermé, comprimant vaisseaux et nerfs, provoquant une ischémie musculaire.
Formes
- Syndrome des loges aigu : souvent lié à fracture, gros traumatismes ou contusions importantes.
- Syndrome des loges chronique (non détaillé ici).
Mécanisme
Traumatisme → œdème ou saignement → augmentation pression → compression vasculaire et nerveuse → ischémie musculaire.
Pathologie musculaire
1. Syndrome des loges
- Mécanisme : augmentation de la pression dans une loge musculaire → compression des veines → retour veineux bloqué → compression des artères → ischémie → nécrose musculaire.
- Localisation fréquente : loge antérieure de la jambe.
- Chronologie : lyse musculaire apparaît après 4 à 8 heures.
- Complication principale : nécrose ischémique.
- Traitement : fasciotomie (ouverture du fascia pour diminuer la pression).
- Diagnostic aigu : clinique + mesure pression intra-compartimentale ; IRM peu utile car urgence chirurgicale.
- Syndrome des loges chronique :
- Apparaît à l’effort, disparaît au repos (hypertension réversible).
- Touches surtout sportifs (coureurs).
- Localisation : loge antérolatérale jambe, parfois cuisses, avant-bras, pieds.
- Diagnostic : IRM post-effort montrant œdème musculaire persistant 15-20 min.
- Traitement : fasciotomie si symptômes persistants.
2. Lésions musculaires
- Définition : atteinte d’un ou plusieurs muscles avec déchirure ou rupture des fibres.
- Types :
- Intrinsèque : étirement musculaire (ex. contraction excentrique), souvent à la jonction myotendineuse.
- Extrinsèque : traumatisme direct (ex. coup).
| Grade Jackson | Description | Conséquences |
|---|---|---|
| 1 | Élongation simple | Fibres intactes, pas de perte de force (léger) |
| 2 | Déchirure partielle | Perte de force, mobilité diminuée |
| 3 | Rupture complète | Rupture musculo-tendineuse, impotence fonctionnelle importante (grave) |
- Signes communs : tuméfaction (gonflement) immédiate quel que soit le grade.
3. Myosites inflammatoires
- Définition : maladies inflammatoires des muscles avec faiblesse progressive et inflammation.
- Causes : infectieuses, toxiques, secondaires ou idiopathiques.
a) Polymyosites
- Type : maladie auto-immune.
- Muscles touchés : proximaux (épaules, hanches, cuisses), bilatéral et symétrique.
- Symptômes :
- Faiblesse musculaire progressive.
- Difficulté à monter escaliers, se lever, lever les bras.
- Parfois douleurs musculaires.
- Diagnostic :
- Biologie : augmentation CPK et enzymes musculaires.
- IRM : hypersignal T2/STIR, œdème musculaire.
- Biopsie musculaire : confirmation.
- Traitement : corticoïdes, immunosuppresseurs, kinésithérapie.
b) Dermatomyosites
- Similaire à polymyosite mais avec atteinte cutanée.
- Signes cutanés :
- Papules de Gottron : plaques rouges/violettes sur doigts, coudes, genoux.
- Érythème héliotrope : coloration violacée autour des paupières.
- Photosensibilité, calcinoses (enfants), phénomène de Raynaud.
- Important : chez l’adulte, rechercher un cancer (association possible).
- Traitement : corticoïdes, immunosuppresseurs, kinésithérapie.
c) Myosites à inclusions
- Population : hommes > 50 ans.
- Muscles touchés : proximaux et distaux, asymétrique.
- Symptômes :
- Difficulté à marcher, chutes.
- Difficultés à serrer objets, faiblesse des doigts.
- IRM : atrophie musculaire, infiltration graisseuse, peu d’œdème.
- Traitement : peu efficace aux corticoïdes, basé sur rééducation et maintien autonomie.
4. Imagerie des myosites (IRM)
| Type de myosite | IRM caractéristique | Description |
|---|---|---|
| Polymyosite | Hypersignal musculaire diffus, symétrique (STIR) | Inflammation des muscles droits fémoraux (quadriceps) |
| Dermatomyosite | Hypersignal dans plusieurs groupes musculaires + atteinte du fascia (STIR) | Calcinose universelle, collection de liquide |
| Myosite à inclusions | Atrophie musculaire + infiltration graisseuse | Fascia festonné (signe du drapeau) |
À retenir : Le syndrome des loges aigu est une urgence chirurgicale nécessitant une fasciotomie rapide pour éviter la nécrose musculaire.
Étude d'image radiologique
1. Qualité d’image radiologique
- Contraste : capacité à distinguer des différences de densité dans une même structure anatomique.
- Résolution : aptitude à séparer deux petites structures proches (ex. trame osseuse), sans flou cinétique ou géométrique.
- SNR (Signal-to-Noise Ratio) : rapport signal/bruit, doit être élevé pour éviter un bruit visible (« neige ») qui gêne la visualisation.
2. Indice d’exposition et artéfacts
| Élément | Critère clé | Valeur / Remarque |
|---|---|---|
| Indice d’exposition (EI) | Doit être affiché et correct | Environ 250 (correspond à 2,5 μGy) |
| Artéfacts | Absence souhaitée | Si présent, identifier et retirer si possible |
3. Validation de l’image
- Optimale : tous les critères (contraste, résolution, SNR, EI, absence d’artéfacts) sont satisfaits → image validée pour PACS et répond à la demande.
- Acceptable mais non optimale : image utilisable mais un ou plusieurs critères ne sont pas optimaux → validée pour PACS, mais à surveiller.
- Non acceptable : image non conforme → répétition nécessaire, non validée.
4. Paramétrage en radiographie
- Objectif : qualité d’image élevée (SNR élevé) avec dose patient minimale (principe ALARA).
- Paramètres principaux :
- kV : énergie des rayons X, influence pénétration et contraste.
- mA : intensité du tube.
- Temps d’exposition (s).
a) Modes d’exposition
| Mode | Description | Avantages / Inconvénients |
|---|---|---|
| Manuel | TRM choisit les mAs | Dose élevée si mAs trop hauts (bon SNR), sinon bruit important (mauvais SNR) |
| Automatique (AEC) | Contrôle automatique, arrêt quand dose suffisante | Qualité constante, évite sur- et sous-exposition, fonctionne avec 3 cellules (1 centrale, 2 latérales) |
- Importance du choix des cellules AEC, surtout en présence d’os denses, pour éviter erreurs d’exposition.
5. Indice d’exposition (EI)
- Indique la quantité de rayons reçue par le détecteur, pas la dose patient.
- EI élevé → peu de bruit, dose patient plus élevée.
- EI faible → image bruitée, mauvais SNR.
- EI optimal = compromis entre qualité et dose.
6. Déviation Index (DI)
- Compare dose reçue à dose idéale.
- DI = 0 → exposition parfaite.
- DI positif → surexposition (ex : DI = +3 → dose doublée).
- DI négatif → sous-exposition (ex : DI = -3 → dose divisée par 2).
- Ajustement du DI par modification des mAs ou sensibilité en AEC.
7. Particularités
- Prothèses métalliques ou objets denses peuvent fausser le calcul de l’EI sans dégrader l’image.
- Ne jamais répéter une radio uniquement à cause d’un DI anormal, vérifier la qualité de l’image avant.
8. Préparation et installation du patient
- Vérifier la demande : indication, côté, région, antécédents, allergies, fonction rénale.
- Anamnèse : douleur, durée, interventions antérieures, implants.
- Accueil : identification, explication, vérification grossesse/allergies.
- Installation : confort, stabilité, éviter mouvements, centrage précis (mauvais centrage augmente dose et diminue qualité).
- Utilisation de supports (mousses, sangles, coussins) pour immobilisation.
À retenir : La qualité d’une image radiologique dépend d’un équilibre entre un bon paramétrage (kV, mAs, temps), un indice d’exposition optimal, une absence d’artéfacts, et une validation rigoureuse avant archivage.
Paramétrage et indice d'exposition en radiographie
1. Paramétrage en radiographie
-
mAs (milliampère-seconde) : influence la quantité de rayons émis.
- Plus de mAs → meilleure qualité d’image (moins de bruit, meilleur SNR)
- Mais → augmentation de la dose reçue par le patient.
-
Vitesse de rotation du tube : temps pour un tour complet (0,25 à 1 s).
- Rotation plus rapide → examen plus rapide et moins de flou.
-
Pitch (pas d’hélice) : rapport entre l’avancement de la table pendant un tour et la largeur du faisceau.
Pitch Effet sur les coupes Conséquences < 1 Coupes se chevauchent Meilleure résolution, plus de dose = 1 Coupes jointives Équilibre dose/résolution > 1 Moins de recouvrement Examen plus rapide, moins de dose, résolution moins bonne -
SFOV (Scan Field of View) : diamètre irradié, dépend de la région.
- Plus petit SFOV → meilleure résolution spatiale.
-
Largeur de collimation & épaisseur nominale de coupe :
- Largeur du faisceau (mm) = épaisseur nominale de coupe × nombre de barrettes.
- Impossible de reconstruire des coupes plus fines que l’épaisseur nominale.
- En ostéoarticulaire, épaisseur nominale ≈ 0,5 mm.
2. Paramètres de reconstruction
-
Épaisseur de coupe :
- Plus la coupe est fine → meilleure résolution et visualisation des petites lésions/fractures, mais plus de bruit.
-
Distance inter-coupe (incrément de reconstruction) :
- Si incrément < épaisseur → coupes se chevauchent → meilleure détection des micro-fractures.
-
DFOV (Display Field of View) : zone affichée sur l’image reconstruite.
- Plus petit DFOV → pixels plus petits → meilleure résolution spatiale.
- DFOV ≤ SFOV (ne peut pas être plus grand).
-
Noyau de reconstruction (filtres) :
Filtre Usage Effet sur l’image Passe-haut Os (cortex, trabécules) Accentue détails osseux, augmente bruit Passe-bas Tissus mous Réduit bruit, image plus lisse -
Fenêtrage (post-traitement) : choix de la fenêtre d’affichage après reconstruction.
- WL (Window Level) : centre de la fenêtre (densité moyenne).
- WW (Window Width) : largeur de la fenêtre (plage de densités visualisées).
- Fenêtres adaptées selon organe : os, tissus mous, poumon.
3. Résolution en radiographie
- Résolution transversale : dépend du DFOV et de la matrice d’acquisition.
- Résolution longitudinale : dépend de l’épaisseur de coupe.
- Plus le voxel est petit, meilleure est la résolution.
4. Indice d’exposition et dose
- CTDI (Computed Tomography Dose Index) : dose calculée à partir du scout, visible avant acquisition.
- DLP (Dose Length Product) : dose totale liée à la longueur du scan.
- NRD (Niveaux de Référence Diagnostique) : valeurs de dose de référence établies par l’OFSP pour éviter une irradiation inutile.
- Si CTDI ou DLP dépassent régulièrement les NRD → protocole à revoir.
- Dose plus élevée justifiée en cas d’obésité, examen complexe ou acquisitions multiples.
5. Optimisation de la dose
- Bon positionnement du patient (isocentre).
- Adaptation des paramètres kV et mAs selon le patient et l’examen.
- Utilisation de box d’acquisition pour limiter la dose.
À retenir : Le paramétrage en radiographie est un compromis entre qualité d’image (résolution, bruit) et dose d’irradiation, optimisé par le choix des mAs, pitch, épaisseur de coupe, SFOV/DFOV et filtres de reconstruction.
Procédures cliniques CT ostéoarticulaire
1. Paramètres et Qualité d’Image en CT Ostéoarticulaire
- Auto-kV et Auto-mA : ajustement automatique de la tension et du courant pour optimiser la dose et la qualité.
- Reconstruction itérative : améliore la qualité d’image en réduisant le bruit.
- Nouvelles technologies : CT double énergie et intelligence artificielle pour une meilleure détection et réduction des artefacts.
a) Critères d’évaluation des images
- Acquisition complète de la région d’intérêt.
- Absence d’artefacts.
- Bon rapport signal/bruit (SNR), bon contraste et bonne résolution.
- Dose conforme aux normes de radioprotection (NRD).
- Archivage dans le système PACS.
- Discussion avec le radiologue si nécessaire.
2. Artefacts en CT Ostéoarticulaire
| Type d’artefact | Cause | Conséquence | Solutions principales |
|---|---|---|---|
| Mouvement | Mouvement du patient | Flou, doubles contours | Immobilisation, explication, acquisition rapide |
| Métallique | Présence de prothèses, vis, implants | Durcissement du faisceau, manque de photons, bruit, traînées | Augmentation kV/mAs, filtres, CT double énergie, algorithmes MAR (Metal Artifact Reduction) |
3. Gestion des Données Post-Examen
- MPR (Multiplanar Reconstruction) : reconstruction dans les 3 plans à partir de coupes fines axiales.
- Reconstructions 3D (VR/VRT) : attribution de couleur et transparence à chaque voxel, utile pour fractures, chirurgie, planification opératoire. Ne remplace pas l’analyse des images classiques.
- MIP (Maximum Intensity Projection) : affiche uniquement les voxels avec les valeurs HU les plus élevées, idéal pour visualiser vaisseaux, calcifications, structures denses.
4. Indications et Protocoles en CT Ostéoarticulaire
- Indications principales : traumatologie, orthopédie, fractures, chirurgie.
- Produit de contraste IV : rarement utilisé, sauf pour tumeurs, infections, postopératoire.
- Arthro-CT : évaluation du cartilage, ligaments, lésions intra-articulaires, alternative à l’IRM.
- Visualisation des petites fractures :
- Matrice haute résolution, petit SFOV (Scan Field of View) et DFOV (Display Field of View).
- Coupes fines, pitch < 1, faible incrément, filtre osseux.
- Reconstructions MPR : obligatoires en traumatologie.
- Rôle du technicien : choisir paramètres adaptés, positionner correctement le patient, limiter la dose, réduire les artefacts, garantir qualité d’image.
5. IRM Ostéoarticulaire : Indications et Préparation
- Indications générales : examen de deuxième intention après radiographie ou échographie.
- Pathologies ciblées :
- Traumatiques : déchirures musculaires, ruptures ligamentaires/tendineuses, lésions cartilagineuses, fractures occultes.
- Inflammatoires/infectieuses : polyarthrite, ostéomyélite, nécrose.
- Oncologiques : ostéosarcome, métastases, tumeurs des parties molles.
a) Préparation et gestion du patient
- Vérification de l’indication, antécédents, examens antérieurs.
- Présentation, vérification identité, explication de l’examen, rassurer (claustrophobie possible).
- Retrait de tout objet métallique (clés, bijoux, téléphone, cartes, etc.).
- Patient en blouse, confort assuré (mousses, coussins).
- Protection auditive (casque, bouchons), alarme à disposition.
- Positionnement en décubitus dorsal, région étudiée centrée dans l’antenne et aimant.
6. Séquences IRM Ostéoarticulaires Clés
| Séquence | Paramètres principaux | Caractéristiques | Utilité principale |
|---|---|---|---|
| Repérage (Scout) | - | Visualisation des 3 plans | Centrage, choix des coupes |
| T1 | TR = 400–800 ms, TE = 10–20 ms | Graisse blanche, anatomie nette | Étude morphologique |
| T2 | TR > 2000 ms, TE > 80 ms | Eau et œdème en hypersignal | Pathologies tissulaires (œdème, inflammation) |
| DP (Densité de protons) | TR > 2000 ms, TE = 10–20 ms | Cartilage, ménisque, ligaments nets | Visualisation des structures fibreuses |
| Saturation de graisse | - | Suppression du signal graisseux | Mise en évidence œdème, inflammation, infection, tumeur |
- En T2 et DP, suppression de la graisse met en évidence les hypersignaux liés aux pathologies.
- T1 post-contraste avec saturation graisseuse améliore la détection des prises de contraste.
À retenir : La qualité d’image en CT ostéoarticulaire dépend du contrôle des artefacts, du choix des paramètres et de la reconstruction adaptée, tandis que l’IRM complète l’exploration en mettant en évidence les lésions tissulaires non visibles en CT.
Procédures cliniques IRM ostéoarticulaire
1. Techniques IRM ostéoarticulaires
- Techniques de suppression de graisse : Fat Sat, STIR, SPAIR, SPIR, Dixon.
- Séquences 3D : acquisition du volume entier, permettant des coupes fines, reconstructions multiplanaires et excellente résolution.
- Inconvénients : temps d’acquisition plus long, plus d’artefacts.
- Séquences vasculaires : angiographie.
- Séquences de diffusion.
2. Produits de contraste
- Produit utilisé : gadolinium (IV ou intra-articulaire).
- Indications : tumeur, synovite, ostéomyélite, arthrite inflammatoire.
- Non indiqué : fractures, ruptures ligamentaires ou tendineuses.
- Séquences post-injection IV : T1 Fat Sat, zones avec gadolinium apparaissent hyperintenses.
- Dose : généralement 0,2 ml/kg (varie selon produit).
- Arthro-IRM : injection intra-articulaire sous radioscopie, améliore visualisation capsule, ligaments, labrum, cartilage.
- Articulations concernées : épaule, poignet, coude, hanche, genou, cheville.
3. Paramètres d’acquisition
| Paramètre | Effet sur résolution | Effet sur SNR (rapport signal/bruit) | Effet sur temps d’acquisition |
|---|---|---|---|
| Épaisseur de coupe | Plus fine → meilleure résolution | Plus fine → moins de signal | Plus fine → plus long |
| FOV (champ de vue) | Petit FOV → meilleure résolution | Petit FOV → meilleur SNR | Petit FOV → plus long |
| Matrice | Grande matrice → meilleure résolution | Grande matrice → moins de SNR | Grande matrice → plus long |
| NEX (nombre d’excitations) | N/A | Augmente SNR | Augmente temps |
- Pour garder la même résolution en augmentant le FOV, il faut augmenter la matrice.
4. Guidelines procédures cliniques IRM ostéoarticulaires
| Articulation | Position du patient | Particularités | Difficultés / Artefacts |
|---|---|---|---|
| Épaule | Décubitus dorsal, épaule au centre, bras en rotation externe, coude surélevé | Analyse tendon long biceps | Artefacts respiration, immobilité |
| Coude | Décubitus dorsal (confort) ou procubitus (qualité) | Tendon distal du biceps : coude fléchi à 90° | Position inconfortable, mouvement |
| Poignet / Main | Décubitus dorsal ou procubitus (meilleure homogénéité) | Poignet centré dans l’antenne | Positionnement précis nécessaire |
| Bassin / Hanche | Décubitus dorsal, membres en extension et rotation interne, bras éloignés | Décalage pour une seule hanche | Artefacts métalliques, respiration abdominale |
| Genou | Décubitus dorsal, genou centré, légère flexion (15°), rotation interne (10-15°) | Étude du ligament croisé antérieur (LCA) en sagittal parallèle à son axe | Mouvement, métal |
| Cheville | Décubitus dorsal, cheville au centre de l’antenne, angle droit cheville/pied | Mousse sous genou, contention | Mouvement, métal, saturation graisse |
| Avant-pied / Orteil | Décubitus dorsal, cheville à 90°, région d’intérêt centrée | Choix précis des axes | Positionnement |
| Rachis / Sacro-iliaque | Décubitus dorsal, coussin sous genoux, bras le long du corps | Antennes surface et body | Positionnement, artefacts |
5. Reconstructions post-examen
- MPR (MultiPlanar Reconstruction) : reconstruction multiplanaire à partir d’une acquisition 3D.
- MIP (Maximal Intensity Projection) : projection d’intensité maximale, utilisée en angiographie et examens avec contraste.
À retenir : L’IRM ostéoarticulaire nécessite un compromis entre résolution, SNR et temps d’acquisition, avec un positionnement précis du patient et un choix adapté des séquences selon l’articulation et la pathologie ciblée.
Étude de cas CT et IRM ostéoarticulaire
1. Artefacts en IRM ostéoarticulaire
- Métal : provoque distorsions, vide de signal et inhomogénéité du champ, gênant surtout avec la Fat Sat.
- Solutions pour diminuer les artefacts métalliques : STIR, Dixon, WARP, MAVRIC, SEMAC.
- Mouvements : causent images floues et fantômes dans le sens du codage de phase.
- Prévention : bonne contention, mousses, immobilité et confort du patient.
2. Indications et séquences IRM
- Indications principales : traumatique, inflammatoire, infectieux, oncologique.
- Séquences utilisées : T1, T2, DP, Fat Sat, diffusion, angiographie, T1 Fat Sat après injection.
- Produit de contraste : gadolinium.
- Paramètres influents : FOV, matrice, épaisseur de coupe, NEX — impactent résolution, bruit et temps d’acquisition.
3. Fractures
| Modalité | Points clés | Signes IRM |
|---|---|---|
| CT | Examen de référence, recherche trait de fracture, interruption corticale, localisation, direction, nombre de fragments | - |
| IRM | Très sensible, surtout pour œdème osseux invisible au CT | Diminution signal T1 (hyposignal), augmentation signal T2/DP Fat Sat (hypersignal) |
- Fractures de fatigue : CT peu sensible au début, IRM montre œdème médullaire et périosté, ligne de fracture.
4. Pathologies tendineuses
| Pathologie | Examen de choix | Signes IRM | Particularités |
|---|---|---|---|
| Tendinopathie coiffe | Arthro-IRM | Rupture partielle ou transfixante | Invasif, parfois douloureux, artefacts possibles |
| Épicondylite (coude) | IRM | Hypersignal T2, épaississement, œdème osseux | Deux types : latérale (tennis elbow), médiale (épitrochléite) |
| Rupture tendineuse | IRM | Partielle : hypersignal T2, épaississement<br>Complète : rupture visible, rétraction tendon |
5. Pathologies ligamentaires
- Ménisques : épaississement, hypersignal T2, rupture possible, œdème tissus mous. Classification selon communication avec articulation et luxation méniscale.
- Ligaments croisés (antérieurs/postérieurs) : hypersignal T2, ligament détendu/non visible, rupture visible.
6. Nécroses osseuses
- IRM :
- T1 : liseré noir (hyposignal)
- T2 : signe de la double ligne
- Après gadolinium : os nécrosé ne prend pas le contraste
- Volume de nécrose = gravité.
7. Pathologies dégénératives
| Pathologie | Signes IRM / CT clés |
|---|---|
| Hernie discale | Migration, diminution canal rachidien, centrale ou latérale |
| Arthrose | 4 signes : pincement articulaire, ostéophytes, ostéocondensation sous-chondrale, géodes |
8. Pathologies oncologiques / tumorales
| Lésion | Caractéristiques CT/IRM |
|---|---|
| Bénigne | Contours nets, bien limitée, corticale respectée, pas de réaction périostée, évolution lente |
| Maligne | Contours flous, corticale détruite, réaction périostée, envahissement tissus mous, évolution rapide |
| Ostéosarcome | CT : destruction osseuse, réaction périostée<br>IRM : T1 diminue, T2 augmente, rehaussement après gadolinium |
| Métastases | Fréquentes, souvent multiples sur squelette axial (rachis, bassin, côtes, sternum, crâne, humérus, fémur) <br>CT : ostéolytiques, ostéocondensantes ou mixtes<br>IRM : envahissement médullaire, T1 diminue, T2/STIR augmente, rehaussement après injection |
9. Conclusion sur CT et IRM ostéoarticulaires
- CT : examen de choix pour fractures.
- IRM : meilleure pour ligaments, tendons, ménisques, muscles, œdèmes osseux, fractures de fatigue, tumeurs, infections.
10. Scintigraphie osseuse
- Principe : Tc-99m-DPD se fixe sur zones de remodelage osseux augmenté (50-70% sur squelette, reste éliminé par urines).
- Indications :
- 1 phase : recherche métastases osseuses, bilan d’extension (phase osseuse tardive).
- 3 phases : ostéomyélite, infection, arthropathie inflammatoire, ostéosarcome (phases vasculaire, tissulaire, osseuse).
- Préparation patient : bonne indication, hydratation, vérification grossesse, retrait objets métalliques, vessie vide.
- SPECT / SPECT-CT : imagerie fonctionnelle + anatomique pour meilleure localisation, sensibilité et spécificité.
L’IRM est privilégiée pour l’analyse des tissus mous et l’identification précoce des œdèmes, tandis que le CT reste la référence pour l’évaluation osseuse fine, notamment des fractures.
Procédures cliniques médecine nucléaire ostéoarticulaire
1. Phases de la scintigraphie osseuse
| Phase | Description | Matrice | Positionnement et durée | Particularités |
|---|---|---|---|---|
| Phase tissulaire | Images dynamiques, centrage sur la région d’intérêt ou corps entier si nécessaire | 256 x 256 | Dans les 10 min suivant l’injection, 2 min/image | Position : comme phase vasculaire |
| Phase osseuse | Images statiques ou balayage corps entier, acquisition par comptage | 256 x 256 (statique) / 1024 x 256 (balayage) | Vitesse : adultes 10 cm/min, enfants 7 cm/min ; patient couché, vessie vide, bras le long du corps | Bio-distribution normale : squelette, reins, vessie |
La pureté radiochimique est vérifiée par l'absence de fixation anormale (thyroïde, glandes salivaires, muqueuse gastrique) indiquant un bon marquage du Tc-99m.
2. Post-traitement et fusion d’images
- Post-processing automatisé : dynamiques, statiques, balayages corps entier, SPECT/CT.
- SPECT/CT : fusion des images pour fenêtrage osseux, quantification, archivage PACS, rapports de dose.
3. Scintigraphies spécifiques
| Type | Principe | Indications | Particularités |
|---|---|---|---|
| Leucocytes marqués | Prélèvement, marquage au Tc-99m, réinjection, migration vers foyer infectieux | Recherche de foyers infectieux | |
| Anticorps anti-granulocytes | Injection directe d’anticorps anti-granulocytes | Infection | Contrôle du dosage des HAMA (anticorps anti-souris) si exposition fréquente aux souris |
| Scintigraphie médullaire | Étude de la moelle osseuse hématopoïétique | Myélome, lymphome, métastases médullaires, bilan avant radiothérapie | Contrôle HAMA si exposition fréquente aux souris |
4. Thérapies en médecine nucléaire ostéoarticulaire
a) Radio-synoviorthèses (RSO)
- Principe : injection intra-articulaire d’un radio-isotope β- pour détruire la synoviale inflammatoire.
- Objectifs : réduire douleur, inflammation, synovite.
- Indications : arthrite rhumatoïde, psoriasique, hémophilique, synovite persistante, épanchement chronique.
- Isotopes utilisés :
| Isotope | Localisation ciblée |
|---|---|
| Er-169 | Doigts |
| Re-186 | Poignets, coudes, hanches, épaules |
| Y-90 | Genoux |
- Effets secondaires : poussée inflammatoire, rougeur, bouffées de chaleur, infection rare.
- Immobilisation : environ 3 jours post-injection.
- Amélioration : 2 à 4 semaines après traitement.
b) Thérapies métaboliques
- Objectif : traitement palliatif des métastases osseuses douloureuses.
- Isotopes :
| Isotope | Indication | Particularités |
|---|---|---|
| Ra-223 | Cancer de la prostate castration-résistant avec métastases osseuses | Rayonnement alpha, faible pénétration (<0,1 mm), améliore survie et qualité de vie |
| Sm-153 | Métastases osseuses douloureuses | Élimination urinaire, gamma + bêta, nécessite hydratation importante (~3 L) |
| Sr-89 | Métastases osseuses douloureuses | Bêta uniquement, pas d’imagerie possible, moins de contraintes |
- Précautions : contrôle de la formule sanguine, fonction rénale, réserve médullaire avant traitement.
- Risques : leucopénie, neutropénie, thrombocytopénie.
5. Parcours clinique en médecine nucléaire ostéoarticulaire
| Étape | Description |
|---|---|
| 1. Symptômes | Consultation (médecin généraliste, urgences, spécialiste), examens initiaux (radiographie, CT, IRM, scintigraphie, PET) |
| 2. Diagnostic et bilan d’extension | Recherche de métastases via CT, IRM, scintigraphie osseuse ou PET |
| 3. Choix thérapeutique | Décision en réunion multidisciplinaire (tumorboard) pour déterminer le traitement optimal |
| 4. Radiothérapie | Processus en 5 étapes : consultation, scanner de simulation, planification dosimétrique, traitement, suivi |
6. Radiothérapie : étapes clés
- Scanner de simulation : préparation du traitement, délimitation des volumes cibles et organes à risque (OAR), calcul de dose.
- Dosimétrie : calcul précis de la dose, volume cible, protection des OAR.
a) Types de radiothérapie
| Type | Description |
|---|---|
| Radiothérapie externe (EBRT) | La plus fréquente |
| Stéréotaxie | Forte dose, peu de séances, très petit volume |
| Protonthérapie | Utilise le pic de Bragg des protons, moins d’irradiation des tissus sains |
| Curithérapie | Source radioactive placée au plus près de la tumeur |
- Positionnement patient : confort optimal, immobilisation adaptée.
La radiothérapie nécessite un suivi rigoureux pour optimiser l’efficacité et limiter les effets secondaires.
Procédures cliniques radiothérapie ostéoarticulaire et tégumentaire
1. Radiothérapie ostéoarticulaire et tégumentaire : notions clés
a) Immobilisation et positionnement
- Reproductibilité : le patient doit être immobilisé et placé exactement de la même manière à chaque séance pour garantir la précision du traitement.
- IGRT (Image Guided Radiation Therapy) : vérifie quotidiennement le positionnement parfait du patient avant irradiation.
- OAR (Organes À Risque) : organes à protéger (ex. moelle épinière, intestins, reins, poumons).
b) Rôle du Technicien en Radiothérapie Médicale (TRM)
- Accueil et préparation du patient
- Réalisation des acquisitions d’images
- Vérification du positionnement
- Exécution du traitement
- Surveillance des effets secondaires
2. Tumeurs ostéoarticulaires
a) Sarcomes primitifs
| Type | Localisation principale | Particularités |
|---|---|---|
| Ostéosarcome | Métaphyse des os longs (fémur, tibia, humérus) | Le plus fréquent |
| Chondrosarcome | Cartilage | Adulte |
| Rhabdomyosarcome | Tissu musculaire | Cancer des tissus mous, fréquent chez l’enfant |
| Sarcome d’Ewing | Diaphyse, squelette axial | Enfant et adolescent |
b) Sarcomes secondaires (métastases osseuses)
- Origine : cancers du sein, prostate, poumon, rein
- Types :
- Ostéolytiques : destruction osseuse
- Ostéocondensantes : excès de formation osseuse
c) Symptômes principaux
- Douleur
- Tuméfaction
- Œdème
- Fracture pathologique
3. Classification TNM des tumeurs
- T : taille de la tumeur
- N : atteinte ganglionnaire
- M : présence de métastases
Exemple : = tumeur moyenne, ganglions atteints, pas de métastases.
4. Fractionnement en radiothérapie
- Normofractionnement : 1,8 à 2,25 Gy par séance
- Hypofractionnement : > 2,25 Gy par séance
- Hyperfractionnement : < 1,8 Gy par séance
Étalement : durée totale du traitement en jours.
5. Simulation virtuelle et planification
| Étape | Objectif | Description |
|---|---|---|
| Simulation virtuelle | Préparer le traitement avant la 1ère séance | Centrage patient, définition isocentre, tatouages |
| Immobilisation | Assurer précision et reproductibilité | Utilisation de dispositifs adaptés, laser mobile pour centrage 3D |
| Planification | Définir volumes à traiter et organes à protéger | Utilisation du TPS sur scanner 3D, calcul de la balistique des faisceaux |
| Délinéation | Tracer contours sur chaque coupe scanner | Volumes tumoraux, cibles, organes à risque; méthode manuelle ou automatique |
6. Techniques de radiothérapie
| Technique | Description | Avantages/Inconvénients |
|---|---|---|
| Radiothérapie 2D | Faisceaux simples, basée sur anatomie osseuse, sans reconstruction 3D | Usage en urgence, indications simples |
| Radiothérapie conformationnelle 3D (RC3D) | Utilisation CT, reconstruction 3D, plusieurs faisceaux | Meilleure protection des tissus sains |
| RC3D avec modulation d’intensité (IMRT) | Intensité modulée via collimateur multi-lames (MLC) | Couverture tumorale optimale, moins d’irradiation des tissus sains |
7. Repositionnement quotidien
- Objectif : reproduire exactement la position du patient à chaque séance
- Moyens : même contention, table, repères, lasers
8. Effets secondaires de la radiothérapie osseuse
- Effets précoces : augmentation transitoire de la douleur (flare-up), inflammation
- Effets tardifs : fragilité osseuse, risque accru de fracture
9. Mélanome et cancers cutanés
a) Trois types cellulaires de l’épiderme et cancers associés
| Cellule | Localisation | Cancer associé | Particularités principales |
|---|---|---|---|
| Cellules squameuses | Surface | Carcinome épidermoïde | Risque métastatique faible (<5%), facteurs de risque : lésion épaisse, récidive, immunodépression |
| Cellules basales | Couche basale | Carcinome basocellulaire | Cancer cutané le plus fréquent, croissance lente, peu de métastases, destruction locale possible |
| Mélanocytes | Produisent mélanine | Mélanome | Cancer cutané le plus agressif, facteurs de risque : UV, peau claire, âge, sexe masculin, produits chimiques |
b) Dépistage et prévention
- Dépistage : auto-examen recommandé tous les 3 mois chez les personnes à risque
- Signes d’alerte : grain de beauté qui change, croissance rapide, saignement, démangeaisons, plaie non cicatrisante
- Prévention : limiter exposition aux UV (éviter heures chaudes, crème solaire, vêtements protecteurs, éviter cabines UV)
À retenir : La précision du positionnement et la protection des organes à risque sont essentielles en radiothérapie ostéoarticulaire et tégumentaire pour optimiser l’efficacité et limiter les effets secondaires.